Monsieur le Président,
Honorables députés,
Peuple du Mali,
Encore une fois, l’horreur s’est abattue sur notre pays avec une cruauté indescriptible. Des populations innocentes ont été lâchement assassinées avec une froideur inouïe à Sabanou Dogon, commune de Sangha. Comble de malheur, les criminels, pour une énième fois, ne sont pas identifiés : comme dans une promenade de santé, ils sont tranquillement repartis après leur forfait. Il y a, depuis, comme une sorte de permissivité coupable de l’État, sinon de permis de crimes délivrés à des cyniques que l’on se refuse à voir venir et que l’on se plaît à voir repartir avec une satisfaction inavouable.

Chers Collègues,
Hier, Koulongo, Dioura, Ogossago et, aujourd’hui, Sabanou. La gradation des massacres n’échappe à personne, il y a toujours plus de morts, plus de cruautés dans la perpétration des meurtres, et le rythme et la cadence semblent bien être réglés comme du papier à musique.
Il se passe quoi? Comment tant d’équipées sanglantes sont possibles dans un pays organisé, dans un État qui a des devoirs régaliens mais qui n’assiste qu’en spectateur amusé au festival de la décimation de son peuple par des desperados que l’on ne parvienne même pas à identifier?
Mesdames et Messieurs, vous les citoyennes et les citoyens du Mali,
Il y a de vraies questions à poser et auxquelles il urge d’apporter des réponses honnêtes. Qui sont les commanditaires du génocide méthodiquement programmé contre le Mali? À quelles fins? Ou sont-ce des génies malfaisants déferlant des cieux nettoyer le centre du Mali, faire place nette à une autre race d’hommes ?
Chers Collègues,
Je suis de ceux qui ne croient point à des conflits inter communautaires entre Peulhs et Dogons, deux communautés si voisines depuis au moins mille ans et qui parlent admirablement les langues des uns des autres. Non, aucun diablotin de la discorde ne peut parvenir à mettre dos à dos ces populations innocentes, de cultures séculaires et d’érudition avérée, au point qu’elles en arrivent à s’entretuer, en ôtant la vie à des enfants par de macabres coups, à éventrer des femmes enceintes. Non, ces crimes odieux ne sont pas connus dans leur espace commun, non plus dans l’espace sahélo-saharien, aussi loin que l’on remontera le temps. Le modus operandis des massacres jusque-la enregistrés relève d’une autre culture, impérialiste, fasciste, capitaliste prédateur.
Mais c’est à nous, autorités en tête, d’admettre la réalité pour y faire face ou d’avouer notre complicité. Il n’est pas d’autre issue pour nous.
Massacres immédiatement suivis d’exterminations opérées sauf pour ceux qui échappent miraculeusement, nous sommes désormais plongés dans une profonde angoisse, dans une anxiété quasi morbide, dans la désolation, dans la désespérance, dans l’indescriptible embarras.
Peut-être attendons-nous le génocide dans son implacabilité, peut-être même un pogrom à venir. L’ennemi a en tout cas signifié qu’il n’est pas prêt d’arrêter.
Et si le Mali est tout simplement, de nos jours, l’objet de convoitises et de complots fomentés de l’extérieur, qui n’ont d’autres fins que de le spolier de sa souveraineté, le gruger pour jouir librement de partie ou tout de son territoire, afin de faire main basse sur ses immenses potentiels avérés ? Si c’est le cas, et je crains que ce soit bien cela, tous les crimes que nous connaissons sont des opérations planifiées pour un spectacle de vols planés de vautours.
Le Mali existe-t-il d’ailleurs encore? Le Mali demeurera-t-il un pays souverain, sécurisé dans ses frontières ?
To be or not to be (Être ou ne pas être), nous sommes à ce seuil critique. À ce stade, posons-nous deux questions fondamentales :
1- Nos services secrets et sécuritaires sont-ils à hauteur de mission pour prévenir la déflagration de notre pays en démasquant les ennemis pour pouvoir déjouer leurs macabres velléités ? Un homme peut répondre valablement à cette question, le Général Moussa Diawara, patron de nos services de renseignements.
2- Conscients que nous sommes que nous ne bénéficierons jamais de la coopération sincère des services secrets français et européens pourtant si opérationnels sur notre territoire, au regard de ce que nous vivons comme meurtrissures, devons-nous accepter (nous, le Mali) de renouveler le mandat de la MINUSMA? Surtout en sachant pertinemment qu’en 7 ans, la MINUSMA n’a été rien d’autre qu’un gigantesque échec.
Subsidiairement, le peuple ne doit, en aucun cas, accepter l’installation des forces étrangères au centre (Mopti) qui est la limite de l’AZAWAD d’après les ennemis et tous leurs complices.

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