Selon nos investigations, les raisons avancées sur le limogeage de l’imam de la Grande Mosquée de Bamako sont loin de la vérité.

A Bamako, la Grande Mosquée est placée sous la tutelle de la famille Touré, famille maraboutique parmi les 3 familles fondatrices de Bamako. Les Niaré, à l’origine animistes, sont les chefs coutumiers. Il revient au patriarche des Touré de nommer ou révoquer l’imam de cette mosquée.

Koké Kallé qui a succédé depuis une dizaine d’années à son oncle paternel, feu Imam Balla Kalé, a été nommé dans ce contexte par le patriarche des Touré. Il vient d’être destitué la semaine dernière par celui-ci.

Les raisons de sa destitution ne sont aucunement liées à une affaire de mœurs, d’adultère. Il y a bien eu un différend entre l’imam Kallé et la famille Touré, lié à la reconnaissance d’un enfant dont il avait épousé la mère religieusement, il y a 5 ou 6 ans. Cependant, pour des raisons justement de meurs, il s’était séparé de la dame sans reconnaître l’enfant. Celle-ci demandait coûte que coûte qu’il accepte d’établir un acte de naissance à son enfant, afin qu’il puisse hériter de l’imam.

Le refus de Koké Kallé de reconnaître cet enfant au cours des réunions successives provoquées au domicile du patriarche Touré a déclenché la colère de ce dernier qui l’a suspendu dans un premier temps avant de le démettre.

Les réseaux sociaux ont amplifié et dénaturé les faits. Les auteurs seraient des gens désireux de se venger de Koké Kallé : la dame éconduite, mais également et surtout d’autres qui guettent le fauteuil de l’imam de la Grande Mosquée de Bamako.

Selon des indiscrétions, un de ses cousins, le fils de Balla Kallé du nom de Cho Kallé, l’adjoint de l’imam de la Grande Mosquée nommé par le même patriarche de la famille Touré, a pris la place de l’imam. Koké Kallé n’a jamais pu s’entendre avec ce dernier qui le succède depuis sa révocation.

Des sources proches de la famille Touré indiquent que cette affaire n’a rien à voir avec un quelconque acte d’adultère de la part de Koké Kallé.

Selon Kalifa Dramé, fils de feu l’imam Soumaïla Dramé, “l’islam proscrit l’humiliation, le manquement à la vie privée et à la dignité humaine. Koké Kallé ne méritait pas un tel traitement. Il y a un respect dû à l’institution qu’est la Grande Mosquée, à l’ensemble des responsables religieux du Mali”.

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Abdrahamane Dicko/Mali Tribune

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