Le Bureau du Vérificateur Général a publié, hier 05 août, les Rapports individuels de vérifications de l’ «acquisition d’un aéronef et fourniture aux forces armées maliennes de matériels d’habillement, de couchage, de campement et d’alimentation (HCCA), ainsi que de véhicules et de pièces de rechange» et l’ «Attribution de la 3ème licence de téléphonie globale». Le document épingle le ministère de la Défense et le ministère de l’Economie des Finances.

-Maliweb.net– C’est du jamais vu. Le Bureau du Vérificateur Général balance tout: les lettres confidentielles, les devis estimatifs, les factures…. Les documents, non censurés, ont été publiés avec les noms, les signatures et mêmes les numéros de téléphone. Comme pour dire qu’il faut en finir avec cette opacité qui entoure les dossiers de corruption au Mali, le BVG a mis en accès libre les deux rapports. Ainsi, on peut lire dans les documents le prix des chaussures, des chaussettes, des casques, des gilets…. Le moins que l’on puisse dire, c’est que des personnes se sont enrichies à vie dans ces deux affaires, au début de la présidence IBK.

Concernant l’avion présidentiel, les révélations sont graves. Très graves. En effet, selon le rapport du BVG, «le contrat de  «Cession-Acquisition d’aéronef» a été établi totalement en défaveur de l’acheteur à tout égard». Ainsi, le Gouvernement Mali s’est engagé à prendre en charge: les frais d’expertise de l’appareil dès confirmation; les frais inhérents à l’ouverture des moteurs; les frais de déplacements du mandaté lors de l’expertise de l’appareil; les frais d’assurance de l’appareil au sol et en vol; les frais liés au vol de démonstration. Comme si cela ne suffisait pas, le BVG indique l’avion présidentiel du Mali n’appartient juridiquement pas au Mali.

«Le MDAC a immatriculé l’aéronef comme propriété de « Mali BBJ Ltd». Le problème, assure le rapport, la Convention de Chicago relative à l’aviation civile internationale, indique qu’un aéronef ne peut être exploité que s’il est immatriculé. Cependant, comme les indicatifs téléphoniques, cette convention attribue à chaque pays des marques nationales dont TZ pour le Mali. Les documents relatifs à l’avion présidentiel ne comportent pas cette marque du Mali. Car, le 5 mars 2014, le ministère de la Défense a donné son feu vert pour l’immatriculation de l’appareil à une société  dénommée « Aruba » créée le 7 mars 2014 à Anguilla, territoire britannique d’outremer.  L’avion a été immatriculé le 25 mars 2014 pour le compte de « Mali BBJ Ltd ». Mais, «aucun document déterminant la structure de gestion de cette société n’a été fourni», révèle les vérificateurs.

Les faits l’origine des irrégularités ne sont pas prêts de s’arrêter. Car le Vérificateur Général révèle que le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants et le Ministère de l’Economie et des Finances «font une interprétation erronée et une application Inappropriée» de la disposition réglementaire relative à l’exclusion de certaines commandes publiques du champ d’application du Code des Marchés Publics.

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