Ce 30 septembre, des tirs ont été entendus avant l’aube à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Ils ont eu lieu dans le quartier abritant la présidence et le QG de la junte militaire au pouvoir.

Ouagadougou a des allures de siège, ce vendredi 30 septembre. Des tirs ont été entendus à proximité de la présidence et du QG des militaires au pouvoir, dans la capitale du Burkina Faso. L’accès aux bâtiments gouvernementaux était bloqué par des militaires.

Qui l’a déclenché ? Pour quelles raisons ? Le nom du colonel Emmanuel Zoungrana est évoqué, parmi d’autres. Près de la place de la Nation à Ouagadougou, plusieurs centaines de personnes sont rassemblées pour demander, entre autres, la libération du colonel. Cela ne serait pas la première fois que ce militaire, actuellement emprisonné, tente d’interférer avec le pouvoir burkinabé.

Passé par le Pyrathée militaire du Kadiogo (PMK), le camp d’entraînement de Pô, le lieutenant-colonel Zoungrana a aussi dirigé le 25e régiment parachutiste commando (RPC). Le média français Jeune Afrique explique qu’il était aussi le chef de corps du 12e régiment d’infanterie commando (RIC) à Ouahigouya, jusqu’au 16 décembre 2021. À cette date, il a été relevé de son poste par décret présidentiel car il faisait partie d’un plan de renouvellement de hiérarchie.

Jeune Afrique décrit Emmanuel Zoungrana comme l’un des officiers prometteurs de l’armée du Burkina Faso. Par ailleurs, il se passionne pour l’écriture de romans dans son temps libre. Habitué de la Foire internationale du livre de Ouagadougou, il possède aussi sa propre maison d’édition.

Le 10 janvier 2022, le lieutenant-colonel est arrêté, soupçonné de préparer une tentative de coup d’État. Sept autres militaires ont été arrêtés en même temps que lui. Cependant, deux semaines plus tard, dans une annonce à la télévision nationale, des militaires affirment avoir “mis fin au pouvoir” du président Kaboré.

Depuis son arrestation, Emmanuel Zoungrana a vu son mandat de dépôt annulé pour des faits d’atteinte à la sûreté de l’État. Cependant, comme la justice lui reproche un “blanchiment de capitaux”, sa demande de liberté provisoire lui a été refusée. Le lieutenant-colonel se tourne alors vers la Cour de cassation. Son verdict est attendu pour le 27 octobre.

Un contexte de tensions croissant

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est miné par des attaques djihadistes.  L’homme fort de la junte militaire au pouvoir, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, avait promis de faire de la sécurité sa priorité. Cependant, la situation ne s’est pas améliorée et les attaques meurtrières, touchant des dizaines de civils et soldats, se poursuivent.

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