Dans une interview au « Temps », l’ex-premier ministre malien #Boubou_Cissé, renversé par l’armée en août 2020, explique pourquoi il est en fuite. Les militaires l’accusent de vouloir déstabiliser la transition au sein d’un pays clef dans la lutte contre les djihadistes

Voilà plusieurs jours que Boubou Cissé se cache quelque part au Mali. Le premier ministre malien, renversé avec le président Ibrahim Boubacar Keïta lors du coup d’Etat du 18 août dernier, tente d’échapper à la Direction générale de la sécurité d’Etat (DGSE), les services de renseignement maliens, qui le traquent lui et plusieurs de ses proches avec des accusations de « complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et offense à la personne du chef de l’Etat », selon un communiqué du procureur de la République Mamoudou Kassogué.

Cinq prévenus visés par cette information judiciaire ont été arrêtés la veille de #Noël, mais le sixième – Boubou Cissé – est jusqu’à présent « resté introuvable », affirme le procureur. Il a cependant répondu à nos questions.

Au téléphone, la voix de l’ancien premier ministre est chuchotante. « Désolé, je ne peux pas parler trop fort. Je suis à l’abri, mais je ne suis pas à l’aise. » Le souffle est court, comme saccadé par cette harassante partie de cache-cache. « Ma maison a été visitée par des agents de la sécurité d’Etat le 24 décembre, alors que j’étais sorti faire une course. Ils ont violenté mes employés pour qu’ils disent où j’étais. Mais lorsque mon avocat a contacté la sécurité d’Etat pour demander si on me recherchait, on lui a dit que non. J’ai donc pensé qu’on essayait d’attenter à ma vie. C’est pourquoi je vis caché à l’intérieur du pays depuis dix jours. »

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