Procureur du tribunal de la Commune IV, Idrissa Touré

titre original: UN PROCUREUR À T’IL POUR RÔLE QUE D’ENVOYER LES CITOYENS EN PRISON ?

Le rôle d’un procureur n’est pas d’affirmer sa toute-puissance en envoyant uniquement les citoyens en prison pour un oui ou un non.

Son rôle c’est de veiller à la stabilité de la société en usant du bon sens. Il a un rôle pédagogique, faire des mauvais citoyens des bons par une application mesurée et intelligente de la loi.

La prison ne saurait être une fin en soi au détriment des libertés fondamentales. Quel est ce procureur qui envoie des délinquants mineurs et des citoyens ordinaires en première comparution pour des affaires banales. En le faisant on ne fera que les aguerrir car la prison est le dernier recours de la distribution d’une justice saine, lucide et équitable. La banalisation de la prison rendra son effet banal.

Lorsque le procureur de la commune 4 du District de Bamako sort de sa réserve pour se donner en spectacle on est loin du compte de la distribution d’une justice sereine, saine, juste et équitable.

Une justice menaçante et intimidante est une justice aux abois qui ne fait qu’exprimer sa toute puissance, son arrogance et son manque de lucidité à la face du monde. En le faisant elle sort aussi de ses prérogatives en temps que sujet de droit dans une République dite démocratique.

Que gagne la justice malienne lorsque l’un de ses procureurs sort sur les réseaux sociaux pour se donner en spectacle en menaçant un ministre de la République au nom du droit de la loi, et des principes et valeurs de la même République ?

Or nous savons tous que jusqu’à la preuve du contraire, aucune disposition légale au Mali ne permet au procureur de la commune 4 d’arrêter un ministre de la République en fonction, d’où l’expression « ADVIENNE QUE POURRA » du procureur lui même.

Un magistrat de l’ordre judiciaire ne peut arrêter un ministre en fonction. La procédure suivie en la matière est spéciale selon l’article 614 du code pénal et elle requiert une véritable gymnastique. C’est donc soit un coup de bluff pour se faire un nom soit de la plaisanterie.

Ne me parlez surtout pas de Flagrant délit. La flagrance est applicable aux députés, pas aux ministres conformément à la Constitution du 25 février 1992.

Alors notre justice gagnerait plus à apaiser le jeu dans une société déchirée par tant de contradictions, en gardant à l’esprit constamment que la justice constitue le dernier rempart à l’avant-garde de la liberté de chacun et de tous, si elle manque à son devoir de justice la société devient comme la jungle.

Moussa T Diallo

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