Les pharmacies privées rejettent toujours les ordonnances AMO. Depuis une semaine, les malades, assurés de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), n’ont pas accès aux médicaments. Face à cette situation, les Directeurs généraux de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CANAM), de l’Institut national de Prévoyance Sociale (INPS) et de la Caisse Malienne de Sécurité Sociale (CMSS) ont rencontré la presse, ce vendredi matin.

«La suspension du service AMO dans les officines privées est maintenue jusqu’à nouvel ordre». Telle est la déclaration faite, ce jeudi 05 décembre, par les deux syndicats de pharmaciens du Mali. Le syndicat autonome des pharmaciens d’officine privée et le Syndicat National des Pharmaciens du Mali (SYNAPHARM) estiment n’avoir reçu que 30% des montants que leur doit la  Caisse Nationale d’Assurance Maladie.

«J’ai failli tomber en syncope quand j’ai vu le communiqué des syndicats sur les réseaux sociaux», s’indigne Me Sidibé Zamilatou Cissé, DG de l’INPS, structure qui prélève les cotisations sur le salaire des travaillés affiliés. A en croire la directrice, rien que pour le mois de novembre, l’INPS a payé 1,9 milliards FCFA aux pharmaciens. Les fonds ont été reçus par les banques qui procèdent au paiement au fur et à mesure.

«Tous les ordres de virement ont été faits», renchérit le DG de la CANAM. Aux dires de Mahamane Baby, c’est la procédure qui est lente. «Nous avons 5 000 feuilles à traiter par jour». «C’est une question de procédure sinon l’argent est disponible», insiste le Directeur de la CANAM. Si la procédure est lente avec l’AMO quand sera-t-il avec le Régime d’Assurance Maladie Universelle qui prendra en compte tous les Maliens? Selon Mahamane Baby, des leçons ont été tirées de l’AMO. La structure de la CANAM va changer avec l’avènement du RAMU et la dématérialisation est en cours pour diligenter les procédures.

«Ce n’est pas à nous d’aller voir la banque»

Pourquoi malgré le versement de l’argent, affirmé par le DG de la CANAM, les officines privées refusent toujours les ordonnances AMO? Maliweb a posé la  question à Dr Cheick Oumar DIA, président du Syndicat autonome des pharmaciens d’officine privée et Porte-parole des deux syndicats. «Quelqu’un qui doit vous régler quatre factures et qui part dire qu’il vous a tout payé, après avoir réglé une seule, est-ce qu’il dit la vérité?», interroge DIA. Les pharmaciens cherchent l’argent, selon Dia. La vérité, c’est qu’ils n’ont encore été payés.

«Le ministre de la Santé fait de son mieux, mais on ne lui dit pas la vérité», affirme le syndicaliste. «Ce qui s’est passé, sur une liste de 100 pharmaciens, par exemple, seuls 10 ont eu leur paiement complet. Les autres ce sont des arriérés de trois semaines à 90 jours, alors que la CANAM a l’obligation de nous payer en 15 jours ou de nous écrire pour un rallongement du délai». «Ils nous demandent d’aller voir la banque. Ce n’est pas à nous d’aller voir la banque. C’est eux qui ont signé leur convention avec la banque, si la banque bloque les virements qu’il change de banque».

Les assurés pris en tenaille

Un assuré, explique le pharmacien, cotise six mois avant de bénéficier de la prestation AMO. On demande aux pharmaciens de faire la prestation avant d’être remboursés. «Cela n’est déjà pas normal mais nous l’avons accepté parce que les médicaments sont à la fois une question sensible et sociale», conclut Cheick Oumar DIA.

Présent à la conférence de presse à la CANAM, Cheick Abdoul Coulibaly, président de l’Association des assurés estime ne rien comprendre entre les services responsables de l’AMO est les pharmaciens. « Je ne sais pas d’où vient le problème exactement, ce que je sais c’est que les assurés continuent de payer et les malades continuent de souffrir», s’offusquent-il, en appelant les deux parties au dialogue.

Maliweb.net

NB: le titre est de la rédaction de Djeliba24

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