Née vers 1933 à Keyla. Décédée brutalement le 14 octobre 1989 d’une crise d’hypertension artérielle à Kangaba. Fille de Fama Diébagaté, griot généalogiste, joueur de agoni, descendant des griots rattachés à la cour des Masa Kandasi (descendants de Sunjata établis à Kangaba à partir du XVIIe siècle)et de Binta Diébagaté griotte, coiffeuse.

Épouse de Nankoma Kouyaté, griot et joueur de balafon, mère de onze enfants, cette cantatrice généalogiste fait partie des griottes cantatrices les plus célèbres du Mali. Elle était l’étoile du Mandé, une étoile qui n’a jamais pâli.
Sira Mori appartient à une lignée de grands traditionalistes parmi lesquels on peut citer Keyla Balaba, grand maître des traditions mandingues, ayant notamment initié Kèlè Monzon Diabaté de Kita. A sept ans déjà, Sira Mori chantait. Elle a parcouru tout le pays manding (Guinée et Mali),
et toutes les régions du Mali. Ses chansons portent sur l’histoire des grandes familles du Mandé et sur la morale. Ses chansons tubes
sont : “Sanugwé ginba”, éloge à un chef de canton de Kangaba qui a régné durant 28 ans, “Sara”, chanson dédiée aux femmes qui ont travaillé et qui honorent la parole donnée, “Kaninba, qui appelle l’homme à ne jamais oublier ses origines quel que soit l’état de grandeur dans lequel il se trouve, “Wula bara janyan”
chanson de détresse, relatant l’histoire d’un enfant unique recruté par l’armée coloniale et dont la mère n’avait jamais accepté la mobilisation. Le jour même de son retour au pays natal, cet enfant, devenu sergent, décéda. Sira Mori chanta la tragédie en empruntant les paroles de la mère en détresse “Na nyuman”, chanson satirique en vogue au moment du décès de Sira Mori.
C’est l’histoire d’une femme qui trahit son mari pour un marchand de colas, hôte de la famille. Le marchand fut ruiné plus tard et Nanyuman, appelée pour assister aux cérémonies de circoncision de son fils, demanda qu’on lui tapât sur les fesses avec une chaussure pour laver sa honte et lui permettre de réintégrer le domicile conjugal.
On notera que Sira Mori était bon parent, distribuant tout ce qu’elle acquérait. Elle cultivait son champ de mil et d’arachide, était très versée dans la pharmacopée, ce qui fit d’elle une vraie pédiatre. Sa voix était naturellement enrouée, mais c’était là un des secrets de son succès. Distinctions honorifiques – Première en tête des vedettes de la chanson dans le journal L’Essor en 1993. – Diplôme d’honneur au 26e Festival de la musique traditionnelle. –Etoile d’argent du Mérite national avec effigie abeille :(20 septembre 1991).

SadioMag

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