Un post Facebook affirmant que la France a menacé de bloquer les salaires des fonctionnaires maliens si le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) ne libère pas les djihadistes emprisonnés est une INTOX.

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Vu le contexte actuel du pays, le billet est fatalement devenu viral et a suscité près de 400 interactions dont plus de 170 partages. Il est composé d’images du colonel Assimi Goïta, vice-président de la transition malienne, des soldats français dans le sahel et de celle d’un homme tenant le drapeau du Mali accompagné d’un message disant : « Protégeons notre pays; Défendons notre Mali ».

La légende du post indique entre autres que que « la France menace de bloquer les salaires des fonctionnaires maliens (13 milliards CFA) si le CNSP ne libère pas les djihadistes ».

DjeliCheck a enquêté sur les allégations de ce post et les informations reçues et contre-vérifiées montrent que le post est mensonger et trompeur, à tous les égards.

Selon Mathieu Hedoin, deuxième conseiller à l’ambassade de France au Mali, le paiement ou non des salaires des fonctionnaires maliens relève uniquement et entièrement de la souveraineté de l’État malien.

« La France n’a aucun pouvoir de blocage des salaires des fonctionnaires du Mali », a-t-il affirmé, démontrant ainsi que cette allégation du post est gratuite et sans fondement.

En outre, remarquons que le message a été mis en ligne le 09 octobre, un jour après la mise en liberté officielle des quatre otages à savoir Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition malienne, Sophie Pétronin, l’humanitaire française et les deux Italiens Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccali.

Et pour rappel, plus d’une centaine de jihadistes condamnés ou présumés avaient été libérés, le 5 octobre, en contrepartie de la libération de ces quatre otages.

Le 13 octobre dernier, la ministre française des armées, Florence Parly, avait déclaré devant la Commission défense du Sénat que la France n’a pas été impliquée dans les négociations menées par Bamako pour obtenir la libération des quatre otages.

Cependant, les propos du ministre ont été contredits par un rapport spécial de Jeune Afrique qui détaillait comment les services intelligents et les émissaires français étaient impliqués dans les efforts en coulisse pour assurer la liberté des otages détenus par les djihadistes.

Quoi qu’il en soit, le diplomate français a insisté sur le fait que la décision de libérer les jihadistes détenus reposait uniquement sur les autorités maliennes. « La décision de libérer des djihadistes en particulier appartient aux seules autorités maliennes qui ont jugé que cela était indispensable pour obtenir la libération de Soumaïla Cissé ».

Un responsable de la communication du CNSP a dit à DjeliCheck dans une entrevue distincte qu’ils n’avaient jamais participé aux négociations sur les otages. « Ni la France ni un tiers ne nous ont approchés. Quand nous sommes arrivés, tous les dossiers avaient été fermés et très bien faits par le régime déchu. Nous n’étions que des observateurs », explique le chef de l’Unité des communications du CNSP.

Et contrairement à ce que prétend ce post trompeur, le CNSP n’est plus en charge du pays après l’entrée en fonction du Comité de transition. « Depuis la désignation de Bah N’Daw au poste de président de la transition le 21 septembre, notre comité n’a aucun mandat à cet égard. En tout état de cause, la France devrait être mieux placée pour adresser de telles demandes au gouvernement de transition et non au CNSP », explique un autre membre du CNSP.

Tout ceci démontre qu’en plus de la première partie du post qui est fausse, toutes les autres affirmations qu’il comporte sont fausses, à tous les égards.

La France a-t-elle menacé de bloquer les salaires des fonctionnaires maliens si le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) ne libère pas les djihadistes emprisonnés? DjeliCheck a examiné une telle affirmation et trouvé que c’était une INTOX.

DjeliCheck avec PesaCheck

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